Terre armée — GeoTechnical Solutions

Terre armée désigne une technique de construction de mur de soutènement où la masse de sol retenu est renforcée par des armatures horizontales (géogrilles ou bandes acier). Inventée par l’ingénieur français Henri Vidal en 1963, la terre armée est aujourd’hui largement utilisée dans le monde entier pour les remblais autoroutiers, les culées de pont et les soutènements urbains.

Principe et histoire

Henri Vidal, ingénieur français, brevette en 1963 le concept de terre armée après avoir observé empiriquement que des aiguilles de pin enchevêtrées dans le sable formaient un cône plus stable que le sable seul. Il généralise le principe en utilisant des armatures horizontales en acier galvanisé dans une masse de remblai granulaire.

Le principe mécanique repose sur le frottement entre le sol et les armatures. Lorsque la masse de sol est sollicitée, elle tend à glisser horizontalement ; les armatures reprennent ces efforts de traction et solidarisent la masse en un bloc composite stable. Le parement reprend uniquement les efforts locaux, pas les efforts globaux.

Composants d’un ouvrage en terre armée

Un ouvrage en terre armée comprend trois composants techniques principaux :

  • Remblai granulaire – sol pulvérulent à angle de frottement élevé (φ ≥ 30°). Crus de carrière, sables, graves. Les argiles sont exclues car elles offrent un frottement insuffisant.
  • Armatures horizontales – géogrilles polyester ou polyéthylène, bandes acier galvanisé Ladder-style, ou treillis soudés. Disposées en nappes horizontales avec espacement vertical de 0,3 à 1,0 m.
  • Parement – éléments béton préfabriqués (écailles), gabions, parement végétal ou treillis acier. Reprend uniquement la poussée locale entre nappes d’armature.

Applications françaises

La terre armée est utilisée en France pour les ouvrages de plus de 3 mètres de hauteur, où elle est généralement plus économique que le béton armé. Les applications principales sont les remblais autoroutiers (notamment culées de pont), les murs anti-bruit, les remblais ferroviaires et les soutènements industriels.

La conception suit la norme NF P 94-270 (calcul géotechnique — ouvrages en sol renforcé) et l’Eurocode 7. Les murs jusqu’à 30 mètres de hauteur sont réalisables. La société Terre Armée Internationale (devenue Soletanche-Bachy) a été créée en 1972 par Henri Vidal et reste un acteur historique de cette technique en France.

Solutions ViaCon associées

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Questions fréquentes sur terre armée

Qui a inventé la terre armée ?

La terre armée a été brevetée par l’ingénieur français Henri Vidal en 1963. Après avoir observé empiriquement que des aiguilles de pin enchevêtrées dans le sable formaient un cône plus stable, il généralise le principe en utilisant des armatures horizontales en acier galvanisé dans une masse de remblai granulaire.

Quelle hauteur maximale pour un mur en terre armée ?

Avec les techniques modernes, des murs en terre armée de 30 mètres et plus sont réalisables. Les ouvrages courants en France font de 4 à 15 mètres. Au-delà de 15 mètres, des bermes peuvent être intégrées pour faciliter l’inspection et la maintenance, et pour répartir les contraintes.

Quel sol pour un remblai en terre armée ?

Le remblai doit être un sol pulvérulent à angle de frottement élevé (φ ≥ 30°) — typiquement crus de carrière, sables, graves. Les argiles et les limons sont exclus car ils offrent un frottement insuffisant avec les armatures et présentent des risques de gonflement. La norme NF P 94-270 précise les critères de granulométrie.

Quelle durée de vie pour un ouvrage en terre armée ?

Les ouvrages en terre armée sont dimensionnés pour au moins 120 ans de durée de vie en France selon l’Eurocode 7. Les armatures polyester sont résistantes aux UV, aux produits chimiques et à la dégradation biologique. Les facteurs de sécurité intègrent le fluage à long terme et les dommages d’installation.